Géologie de Chirens

C’est à l’ère tertiaire que débute la géomorphogenèse de Chirens. En termes plus simples, durant la période appelée miocène, commence une série d’évènements géologiques qui vont déterminer et façonner le sol et le relief de Chirens.

Il y a, environ, 30 millions d’années, alors que Chirens se situe au fond d’une mer relativement peu profonde, les Alpes émergent. Le vieux bloc hercynien en se soulevant entraîne avec lui les couches sédimentaires de l’ère secondaire qui sont soulevées, charriées, plissées, cassées, donnant près de chez nous les massifs des Préalpes de la Chartreuse et du Vercors.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le delta de l'Isère, il y a 30 mimillions d'annes..

Schéma extrait de Geol-alp, avec l’aimable autorisation de M. Gidon.

 

Dès lors, l’érosion se met à l’œuvre, des cours d’eau se fraient un chemin dans ce vaste chaos. Un petit fleuve, l’Isère, qui se jette dans la mer à Voreppe charrie des milliards de mètres cubes de sédiments créant un vaste delta. Ces sédiments s’entassent, s’effondrent sous leur propre poids, s’accumulent sur 3000 mètres d’épaisseur.

Cet amoncellement d’alluvions donnera deux types de roches: la molasse qui est un grès formé de sable soudé par un ciment de calcaire argileux. De couleur verdâtre, elle jaunit et devient friable en surface après un long séjour à l’air libre.La molasse est parfois utilisée comme matériau de construction. Pour preuve: les cadres des fenêtres du Château du Bourg taillés dans cette roche.Dans les zones de remplissage du delta où les bras des rivières apportent des matériaux grossiers lors des crues se forment les poudingues. Ce sont de curieux conglomérats de galets de natures diverses (calcaires, silex, granite, quartzite etc… provenant de l’ensemble des massifs du bassin de l’Isère) et de tailles variables (pouvant dépasser dix centimètres) soudés par le même ciment que la molasse. Ces roches miocènes, avec une très large prédominance des poudingues, constituent la totalité du sous-sol de Chirens, bien qu’elles soient parfois partiellement recouvertes d’alluvions glaciaires ou fluviales.

On peut observer des affleurements de molasse dans les gorges de la Morge à Voiron tandis que la petite falaise de la Vouise est constituée de Poudingue.Le “poudingue” est le terme francisé par les géologues, non sans malice et quelques analogies, du célèbre pudding de nos amis d’Outre-Manche.

A la fin de l’ère tertiaire le plateau sous-marin de soulève, émerge, chassant les eaux de la mer qui séparait le Jura des Alpes: Chirens est né! Dès lors, ce plateau va s’éroder lentement. Au cours de l’ère quaternaire, plusieurs épisodes de refroidissement importants vont provoquer une avancée considérable des glaciers des Alpes: c’est la période des glaciations qui vont largement contribuer à modeler le relief des Terres Froides. Un glacier masque les traces du précédent, partiellement ou totalement; ainsi, si à Chirens, on en trouve quelques-unes de la « glaciation de Riss » (-180 000 à -100 000 ans), ce sont celles de la dernière, la « glaciation de Würm » (-70 000 à -20 000 ans), qui sont les plus significatives.

Des derniers épisodes glaciaires, celui de Riss est le plus important : les glaciers de l’Isère et du Rhône se rejoignent pour n’en former qu’un qui recouvre St Marcellin, La Côte St André et atteint Lyon. Chirens est sous la glace. Quelques lambeaux de moraines (alluvions glaciaires) de cette époque subsistent dans les zones les plus élevées de la commune. C’est au moment de la fonte de ce glacier que fut déposée la Pierre de Libre Soleil, pierre éponyme de la montagne qu’elle couronne. Ce type de rochers sans aucun lien avec le sous-sol sur lequel ils reposent sont joliment appelés « blocs exotiques ».Un exemple montre combien un glacier peut modifier un paysage: le retrait du glacier de Riss laisse un lac de plus de 100 km de long qui va de Rovon (près de Tullin) à Vizille, noie Grenoble (qui se trouve sous 350 m d’eau), et s’étend en amont au-delà d’Albertville. Le bouchon morainique de ce lac sera détruit lors de l’épisode glaciaire suivant.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Pendant la Glaciation de Würm, la dernière, une des « langues » du glacier du Rhône achève de creuser la vallée de l’Ainan en s’étirant jusqu’à Chirens (le Bourg se trouve alors une couche de glace de 400 m d’épaisseur) et déposera au gré de ses différents stades une série de moraines frontales formant un amphithéâtre caractérisique: un « vallum » (voir encadré et schéma des glaciers). « Le vallum de Chirens est très spectaculaire et d’une conservation remarquable » selon M. Maurice Gidon, éminent géologue, spécialiste du Voironnais.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Schéma (très) simplifié de « l’amphithéâtre » de Chirens:

 

1) Pendant sa phase d’extension maximale le Glacier de Würm dépose la plus imposante moraine renforçant ainsi une moraine plus ancienne déjà existante (Gm) (Tour de Clermont, Clermont, Croix du Molarot).

2) A la suite d’un premier épisode de réchauffement il recule puis se stabilise; Se forme alors une seconde moraine (R1) (La Garangère).

3) Le phénomène se reproduit :  réchauffement, 2ème retrait du glacier, stabilisation. Une troisième moraine apparaît (R2), laissant entre elle et la précédente une petite dépression, un chenal, par laquelle l’eau du glacier s’écoule vers le vallon de Bavone puis la Fure.

4) Un nouveau réchauffement a lieu, prooquant le retrait définitif du glacer. Déposés lors du retrait du glacier, ou par l’érosion, des alluvions formeront des coteaux peu inclinés (les Jolis, les Barraux, La Pagère), tandis que les lacs glaciaires, installés dans les zones de surcreusement (des ombilics) , se combleront peu à peu de craies lacustres et de tourbe (Marais de l’Ainan et celui du Gayet asséché par l’homme à la fin du XVIIIème siècle).

 

 

Dans le même temps, le Glacier de l’Isère qui atteint 1100 m d’épaisseur à Grenoble formera une énorme moraine: celle qu’on franchit par la montée et le col du Verdin. Lors du 2ème stade du glacier de Würm (1er retrait), les eaux du déversoir d’un lac qui recouvre St Nicolas de Macherin, St Etienne de Crosset et St Aupre, refoulées par le glacier de l’Isère, passent par le Fagot puis creusent la vallée de Bavonne en tranchant les moraines pour s’échapper vers la Fure. Aujourd’hui dépourvue de tout cours d’eau ce chenal est une « vallée morte » .

Après un réchauffement significatif les glaciers se retirent. Les zones de surcreusement (ombilics) se remplissent donnant des lacs qui se combleront plus ou moins vite : le lac de Paladru est encore en pleines eaux, le lac de Chirens est en phase terminale de comblement (Marais de l’Ainan). Quant à celui de St. Etienne de Crosset, il disparut à la fonte des glaces. Durant les derniers milliers d’années l’érosion fluviale mettra la dernière touche au relief de Chirens. Les traces les plus visibles en sont les « drayes » et autres couloirs de ravinement, et, au pied des montagnes, les cônes de déjection.

à suivre…

 

(la suite de cet article dans quelques millions d’années)

 

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